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Collection Ferdinand Gouzon
8.00

• La tentation de saint Antoine de Gustave Moreau
• Scènes de crime (à propos de Frédéric Pardo & Max Ernst)
• Je cherchais la fraîcheur j'ai marché jusqu'au sang (« 31-03 Blues » d'Éric Pougeau)
• Finir en beauté (L'adoration des mages de Lorenzo Monaco)
• Odilon Redon Voyage par delà les abîmes

☞ Ferdinand Gouzon

• Odilon Redon Voyage par delà les abîmes
« Il n‘y a plus de phares qui brillent dans la nuit pour guider ces barques tangentes qui glissent sur les ondes, plus d’endroits où physiquement se cacher, ou de chemins à éclairer ; il n’y a plus de place pour l’incertitude des rêves ni pour les accidents prodigieux, plus de bienveillance pour les débordements de la vie, plus d’héroïsme ni anarchie ni équilibre quand ne subsiste, alentour, qu’une misérable ombre portée de la vie. Tous, en retard sur notre instant : identifiés, jugés, pulvérisés pour la défaillance de nos battements de cœur et nos jouissances pleines d’outrages. Il faut tout reprendre de zéro afin de traverser nos nuits, c’est une préscience, le sésame ouvre-toi d’une porte dérobée. Tel un noir mental, possiblement troué de lumière ; un noir de jais au vrai, conducteur d’une énergie sacrée, appelé à révéler les puissances invisibles qui nous libèreront du cauchemar pervers qu’est devenue la réalité. »

• La tentation de saint Antoine de Gustave Moreau
« Chaque touche colorée agit comme le signe en plus d’une émotion au bord du maelström, elle irradie, désagrège et réorganise, elle fabrique ce bloc d’énergie pure tout en dissonances, allant chercher l’accord parfait, la note bleue, dans les confins du chaos fondamental de l’être. M’obsède depuis longtemps qu’Harmonie soit fille d’Arès, dieu de la guerre, et d’Aphrodite, déesse de la beauté, chez les anciens Grecs. Des ténèbres naissent les couleurs, voilà ce qu’affirme ce dessin. C’est un morceau d’inconscient que la couleur, démiurge, fait apparaître à la surface pour foudroyer le regard, cette foudre dont Maître Eckart affirme que celui qu’elle frappe « elle le retourne vers elle – face au coup ». On y voit du jaune, du cyan, des bleus outremer délavés, du rouge sang, des beiges et des verts en perdition noyés dans de grandes coulées noires qui sont le véritable fond du dessin par quoi les autres couleurs se précisent et s’assemblent. »

• Scènes de crime (à propos de Frédéric Pardo & Max Ernst)
« Rivière mélancolique couverte d’une pellicule végétale nacrée sous un ciel bleu violet du soir ; buissons ocres, orangés, lie de vin aux pâles reflets expirant à la surface de l’eau ; arbres en ombres chinoises aux feuillages de dentelle troués de lumière blanche ; rive aux herbes épineuses, jaunâtres, au bord de laquelle personne n’a jamais posé les pieds. Le tableau, Paysage, daté de 1984, est de dimension moyenne, soixante cinq par cinquante quatre centimètres. Il est peint à l’huile et tempera sur toile. La tempera, technique en déshérence venue du moyen âge, confère à cette peinture ses couleurs prononcées et surnaturelles. Discret d’abord par son impression de calme inquiet, le tableau s’impose peu à peu au regard par l’agencement harmonieux de ses couleurs excentriques. C’est un paysage de concentration intérieure : une toile mentale. On y reconnaît un coin de France sur nature, un affluent de Seine près de Paris, un de ces motifs que Manet, Monet, Cézanne et d’autres choisirent en leur temps pour révolutionner le motif pictural. Un lieu subtilement déréalisé par le peintre dans une dimension rêveuse et bizarre, narcotique et idéale. Chez Frédéric Pardo, cette impression de faux flamboyant part de la couleur : presque trop crue, vénéneuse, tout entière suspendue à ses visions psychédéliques. »

• Je cherchais la fraîcheur j'ai marché jusqu'au sang (« 31-03 Blues » d'Éric Pougeau)
« Je cherchais la fraîcheur j’ai marché jusqu’au sang. » La phrase, signée « Éric », s’affiche à l’entrée de la galerie comme une mise en garde si ce n’est une condamnation. Cette signature, « Éric », qu’on devine concentrer l’enfance de l’artiste – et le titre de l’exposition, « 31-03 Blues », renvoie au jour de sa naissance ; mais aussi à la musique du Delta, au diable –, c’est la chute de l’innocence confrontée un jour, forcément funeste, à la morsure du réel ; la signature redouble la violence contenue dans la phrase où j’entends d’abord la voix d’un enfant qui sait que l’absolu existe et que la vie consiste à tenter de l’atteindre, toujours. Il y a quelque chose dans cette phrase de l’Il était une fois du conte perverti par une violence pure : un traumatisme originel et ineffaçable qui signe une irrémédiable perte. Et pourtant, il y a aussi la fraicheur et la volonté de l’atteindre. Et un mur à dresser entre soi, sa pensée, et le monde. Et ce mur – parce qu’« Éric » est un corps qui ne cesse d’expier – est taché de sang. »

• Finir en beauté (L'adoration des mages de Lorenzo Monaco)
« Le monde est rempli d’œuvres d’art en attente de recueillir notre regard pour l’affûter en vision. Accueillir cette possibilité de transformation c’est se mettre à penser et dans cette vitesse basculer dans une vision claire, nouvelle et singulière. Je suis revenu autre de Florence. Le regard métamorphosé ; l’esprit bouleversé ; baigné d’une joie pure que seule la connaissance – l’éclaircie du passé –, ou la rencontre avec mon propre instant, peut parfois créer de manière absolue. Il y eut lors de ce séjour bien des lieux qui me firent trembler : les fresques de Fra Angelico au couvent San Marco d’abord, l’un des plus beau abri du monde : le calme, le recueillement, la vision claire et douce, entachée de projections de sang et de lumière, comme le rayon de l’ange vers Marie dans cette Annonciation qui surgit, fabuleuse, du haut d’un escalier ; la Chapelle des princes aussi, immense salle tombeau en marbre et pierre dure qui semble s’absenter du temps lorsqu’on en est le centre, figé dans sa froideur grandiose et ensorcelante ; mais c’est un tableau que j’aimerais évoquer, une peinture à la fois connue et un peu négligée. Connue car elle se trouve dans la troisième salle des Offices, ce musée si rempli de chefs d’œuvre qu’il donne régulièrement lieu à quelques syndromes de Stendhal parmi ses visiteurs, et pourtant négligé car dernier représentant d’un style que la Renaissance florentine s’occupa très vite de ranger aux oubliettes de l’histoire dans son irrésistible tentation de rivaliser avec la réalité : le gothique international. »

Livre grand format
8,00 € TTC
Deux feuilles de papier cream 150 gr pliées l'une sur l'autre, l'une dans l'autre.
Impression noire et pliage à la main.
Dimensions : 15,2 x 24 cm environ.

Produit ©litteraturemineure

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