maisondagoit BOUTIQUE☚SHOP
Collection Andoka
5.00

Derrière la salle de bains
Préambule au jeu des dames

« J’avais été marquée par Michel Leiris, dans L’Âge d’homme, divisant son imaginaire érotique en deux figures féminines opposées, et je crois faire en moi-même l’expérience de cette binarité. Il est deux femmes en mes rêveries, l’une que j’habite et l’autre que j’adule. L’affaire entre ces deux femmes se finit toujours mal, au mieux se brise-t-elle sur un silence. La pièce est un petit drame intime et cruel où l’une laissera des plumes emportées peut-être par l’autre. Cet amour-là sans doute est une histoire de vol, une histoire d’affection suscitée, de celle que l’on éveille pour mieux l’emporter avec soi, s’en couvrir tout le corps comme d’un baume onctueux réchauffant le cœur en hiver, la saison qui suit celles de ces amours perfides. »

Littérature mineure // Florence Andoka

• Hagiographie imaginaire de Marion Bataillard
« Il avait les traits inoubliables de Jean-Pierre Léaud. Un bonzaï, un Rubik’s Cube, des feuilles mortes, un bol ébréché, un cercle lumineux, une toile vierge, autant de symboles de notre monde entre ronds et carrés, ciel et terre. Comme la littérature a donné des romans à clés, Marion Bataillard a peint dans sa propre peinture une toile de Marc Molk. Des toiles jumelles, comme des âme sœurs. Le retour du Caravage, c’est ici Judith décapitant Holopherne, devenu histoire de cœur actuelle ou candaulisme morbide et inversé. Qui n’a jamais rêvé de coucher avec sa copine et une autre fille ? On pourrait ensuite exécuter cette nouvelle maîtresse, mettre sa tête dans un sac plastique, ça ferait de la nourriture pour le chat qui est à court de Whiskas. Il est toujours question d’un tiers invisible à sacrifier mais serait-ce vraiment de l’amour si l’on ne donnait que ce que l’on a vraiment ? »

• American love story (avec une œuvre de Léo Dorfner)
« Flesh, love and blood, de ta bouche charnue, s’écoule lentement le sang de ma narine, une affaire de moeurs, encore, un film à gros budget en préparation, ce pourrait être le nouvel opus de Brian De Palma, son chef d’œuvre inconnu, ou son teaser en images fixes. Qui a dit que l’image fixe était dépourvue de mouvement ? Dans ce film là, ce sont des Barbies méchantes qui se disputent la place dans le cadre. Tout collage est une affaire de composition. À l’image, je ne vois que ton visage renversé mort, tu viens de te faire baiser à mort, tes dents n’ont jamais été aussi blanches, tes yeux ont cette couleur divisée propre à la retouche sur photoshop qui te permet d’avoir un regard aryen avec du brun vers la pupille. L’aquarelle rend cela possible aussi bien que la machine. Dream Machine. Tes cheveux sont blonds comme les blés de la moisson prochaine que tu ne verras pas. Il faut croire que toujours, croix ou pas, l’amour nous conduit à la mort. À Hollywood, il semblerait que le lettrage ait remplacé la croix, chacun son Golgotha, mais dans tous les cas, ce jardin fleuri du paradis où tu seras peut-être, à moins que le tatouage à l’intérieur de ta lèvre basse, intus et in cute, ne t’empêche d’y accéder. Des fleurs partout, de la même carnation que tes lèvres, comme de petites vulves fripées rouges et noires annonçant ta chute, ta beauté morte avant d’être périmée, laissant à l’écran ta gloire pour des siècles et des siècles. T’as de beaux yeux tu sais, les images meurent moins vite que les corps. »

Deux feuilles de papier cream 150 gr ou bouffant 85 gr pliées l'une sur l'autre, l'une dans l'autre.
Impression noire et pliage à la main.
Dimensions : 15,2 x 19 cm environ.

Keep shopping