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Baptiste Delhauteur
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Derrière la salle de bains
Baptiste Delhauteur • Inadvertance • La stèle de Rainer Maria Rilke

Inadvertance
« Sans pour autant comprendre, je suis seul à me dire les choses qu’il convient de savoir, ce qu’il convient de dire, ce dont il convient de parler pour dire ma réalité du monde et des choses. Vous m’êtes tous étrangers. Il n’est que mon Amour que j’admette à partager ce qu’il convient de dire, ce qu’il convient de penser, justement, au sujet des mots et puis au sujet des choses. Et puis, il ne fait pas assez noir autour de nous. Remédions à cela. Nous donnons au monde trop de clarté. Ce que le jour laisse à la nuit, nous n’en savons rien. Car nous n’avons pas la mesure des jours que nous devrions nous donner et des nuits qui devraient nous prendre. Il en résulte bien des différences entre eux et nous. La place du rêve, par exemple. Les rêves ne sont pas une violence à notre souvenir, mais un espoir d’espérer. Et eux n’en savent peut-être rien. Vous et moi nous tutoierons nos rêves et les rêves de notre Amour. Et eux, ils n’en sauront rien. Derrière nos rideaux épais, où ils élèvent leur cauchemars, ils ne sauront rien. Quelle déférence ils font à l’oubli qui les écrasera. Quelle foi ils ont en la médiocre distinction à laquelle les promet le monde. Ils n’en sauront rien. »

La stèle de Rainer Maria Rilke
« Voilà qui explique le texte de la carte postale.
Cette petite prose, pourtant toujours absente de toutes les éditions courantes des poèmes français, est en fait une extrait de carnets de notes dont on ne connait que deux éditions, épuisées, datant de 1935 (Carnets de poche in Ecrits français, Ed. Paul Hartmann, Paris) et de 1940 (Poèmes français, Editions du Grand Chêne, Lausanne).
Et ces quelques mots ne sont que la répétition insistante d’un questionnement lisible tout au long des vingt-quatre petits tableaux des Roses, dont ils sont contemporains. Le texte de Rilke est une provocation inquiète, en même temps qu’un vœu déçu par avance : survivra-t-il par les roses ? Les veines des roses feront-elles courir ce qui reste de lui ? Sont-elles des couronnes de paupières closes sur « le sommeil de personne » ou bien, au contraire, comme il semble l’espérer, des yeux clos sur le sommeil des multitudes enterrées au cimetière ? Dès lors, si le lien entre ces poèmes français, cette petite prose issue des Carnets de poche, et le texte de la stèle est manifeste, alors une autre conclusion s’impose. »

2 livres en grand format
12,00 € TTC
Deux feuilles de papier cream 150 gr pliées l'une sur l'autre, l'une dans l'autre.
Dimensions : 15 x 21 cm environ.

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